Source : competititvite.gouv.fr

Depuis les années 2000, les industries culturelles sont reconnues comme un moteur de développement économique. Elles créées des emplois directs et indirects, génèrent des revenus, participent à l’exportation, innovent, stimulent l’attractivité et le rayonnement d’un territoire ou d’un pays.

Si ce secteur a acquis une place significative dans l’économie et croît plus vite que d’autres, il est cependant nécessaire de le stimuler par des dispositifs spécifiques, qu’ils soient publics ou privés, de niveaux européen, national ou territorial, pour qu’il donne toute sa mesure.

En France, les collectivités territoriales ont soutenu la structuration des ICC (industries culturelles et créatives) comme entreprises et filières économiques avec des dispositifs et des moyens d’ordre très divers depuis un certain nombre d’années (les premières pépinières quelque soit le secteur datent des années 80, les premiers clusters ou pôles de compétitivité datent de 2005). Mais la puissance publique, le ministère de la culture et de la communication et ses entités décentralisées- les DRAC -, n’ont que peu soutenu les entreprises culturelles en tant que telles. Les mécanismes d’aides publiques privilégient le soutien à « l’œuvre », sa création ou sa diffusion et n’offrent pas d’appui à l’entreprise qui la porte.

Le développement de ce secteur était un des enjeux identifiés dans l’exercice de prospective Culture 2030[1]. Le rapport Un ministère nouvelle génér@tion[2], pour sa part, précisait le diagnostic : « Le développement économique sur quelques pôles d’industries culturelles et de communication suppose un investissement des DRAC et de l’IFCIC plus important et ciblé (ex. fonds d’investissement, pépinières d’entreprises, relations avec les pôles de compétitivité et les pôles universitaires, dans des logiques d’innovation) ».

Au moment où le ministère de la culture et de la communication poursuit sa stratégie et étudie l’impact réel des dispositifs de soutiens aux entreprises des ICC comme les incubateurs, les pépinières, les pôles ou autres grappes d’entreprises, il est intéressant de connaître les conclusions et les recommandations de l’évaluation des pôles de compétitivité remis au gouvernement le 15 juin 2012 et réalisé par le consortium Erdyn, Technopolis et Bearing Point.

 

3 pôles de compétitivité dans le secteur des ICC sur 71 tous secteurs confondus

La politique des pôles de compétitivité a été initiée en 2004. Aujourd’hui, on dénombre 71 pôles, à vocation régionale, nationale ou mondiale. Dans les filières identifiées comme stratégiques (Automobile, Aéronautique, Ferroviaire, Naval, TIC, Chimie et matériaux, Industrie et technologies de santé, Luxe et création, Industries des biens de consommation et de l’aménagement, Agro-alimentaires et agro-ressources, Eco-industries) les ICC ne figuraient pas en tant que telles. On peut les retrouver dans les filières « TIC » et « luxe et création ».

En fait 3 pôles qui intègrent des entreprises des industries culturelles et créatives (mais pas seulement) existent : 2 pôles à vocation mondiale (Cap Digital Paris Région et Images et réseaux en Bretagne) et 1 pôle national (Imaginove à Lyon).

Les conclusions/recommandations de l’évaluation : poursuivre la politique en la rendant plus cohérente

  • Les pôles sont un vrai succès en matière de collaboration entre les entreprises, entre entreprises et labo de recherche ; en matière d’adhésion des entreprises (+50% d’adhérents entre 2008 et 2011) ; en matière de création de dispositifs spécifiques pour accompagner les projets de R&D des entreprises ;
  • La politique des pôles a eu des effets importants en matière de soutien aux innovations et au développement économique : 66% des entreprises adhérents aux pôles, cette adhésion a permis de créer des emplois ; les pôles aident à la structuration de la filière et sont perçus comme fédérateurs des innovations ;
  • L’action des pôles est plus forte sur les projets de R&D que sur la mise sur le marché des innovations ;
  • La classification des pôles en 3 catégories (mondiale, nationale, régionale) apparaît obsolète. Elle ne promeut pas de la stratégie de l’Etat en termes de secteurs, de filières ou de technologies.
  • Les pôles n’ont pas nécessairement priorisé leurs interventions au regard des besoins de leur secteur d’activité et de leurs adhérents, ni précisé leur périmètre d’intervention avec les autres acteurs de l’écosystème. Ils doivent le faire maintenant ;
  • Les modalités de financement des projets de R&D du FUI sont appréciées mais perfectibles : l’ensemble des besoins des entreprises n’est pas couvert par les instruments de financement R&D actuels, le processus de labellisation des ressenti comme long et complexe, les rapports être l’Etat et les collectivités territoriales ne sont pas assez clairs pour tous ;
  • Les pôles restent trop dépendants des financements publics. Cependant la part d’autofinancement (cotisations et prestations) a progressé sur la période 2008-2011 pour s’établir en moyenne à 30%. Les offres de prestations de service se sont développées timidement et nécessitent d’être encouragées plus activement sur la base des expériences repérées (service de veille individualisée, organisation de congrès, etc.).


[1] http://www.culturemedias2030.culture.gouv.fr/

[2] Un ministère nouvelle génér@tion, Chapitre Les enjeux p 57