Où l’on voit l’importance du CNC dans le financement de la production d’oeuvre mais aussi les efforts fait sur l’innovation qui bien qu’en progression restent trop limités dans un secteur qui se doit d’être et se dit très innovant.

1) Le nombre d’heures aidées en 2012 s’élève à 5151 heures. Il a été multiplié par 10 depuis la création du fonds d’aide à l’audiovisuel en 1986. Après plusieurs années de baisse de 2003 à 2007, la progression est constante depuis 2008.  En 5 ans, le nombre d’heures aidées a été multiplié par 1,3.

2) Cette progression s’explique par l’augmentation du nombre d’heures aidées dans le documentaire, dans le spectacle vivant et dans les magazines d’intérêt culturel. Ces trois genres sont sur une tendance à la hausse en nombre d’heures aidées depuis la fin des années 1990 à la différence de l’animation et de la fiction dont le nombre d’heures aidées est resté globalement au même niveau.

 

Evolution du volume d’heures aides par le CNC par genre de programme

Source : http://www.cnc.fr/web/fr/statistiques-par-secteurs

3) Le documentaire avec 2921 heures aidées représente à lui seul 57% de la production aidée en volume. La fiction est en seconde position à 15% (768 heures), talonnée par le spectacle vivant à 13% (687 heures). Les magazines d’intérêt culturel représentent 9% des aides (697 heures) et l’animation 6% (298 heures).

Volume de production aidé par genre en pourcentage en 2012

Source : http://www.cnc.fr/web/fr/statistiques-par-secteurs

4) L’ensemble des aides allouées à la création d’œuvres audiovisuelles (innovation, développement, production et promotion à l’étranger) en 2012 par le CNC s’élève à 242,0M€. 39% de ce montant est dédié au documentaire, 32% à la fiction, 16% à l’animation, 12% au spectacle vivant et 2% aux magazines d’intérêt culturel.

5) Les aides allouées par le CNC à la production des œuvres représentent un peu moins de 20% du montant total du financement de la production (1,14 Mds d’euros) en 2012. Les diffuseurs français apportent 70%, les apports étrangers représentent 10%.

Provenance du financement de la production d’œuvres en 2012, selon les genres

(en millions d’euros)

 Source : CNC, Bilan production audiovisuelle aidée en 2012

Le total en % se monte à 99,9% et non pas 100% à cause des arrondis

6) Les investissements des diffuseurs français à 797,7 millions d’euros diminuent de 5,2% par rapport à 2011, mais restent supérieurs aux années 2008-2010. Ils représentent 70% du financement des budgets.

7) Les évolutions sont variables selon les genres. Les apports des diffuseurs en fiction à 467,5 millions d’euros sont les plus faibles depuis 5 ans, alors que le financement dans les documentaires à 223,3 millions d’euros est le plus élevé sur la même période. Le niveau des investissements dans les autres genres est globalement stable.

8) Les chaînes historiques, France 2, France 3, France 5, Arte, M6 et TF1, apportent toujours plus de 98% du financement des oeuvres, même si la tendance est à la baisse et que le poids des chaînes de la TNT gratuite a décuplé passant de 0,8% en 2011 à 2% en 2012 (7,92 M€).

9) Les apports étrangers au financement, bien qu’ils baissent légèrement par rapport à l’année dernière (115,4 M€ en 2012 vs 120,4 M€ en 2011), restent à un niveau bien supérieur aux années précédentes (2008-2009) qui étaient de 94M€ en moyenne. Leur niveau est très variable d’un genre à l’autre : près de 33% dans l’animation (mais en baisse), 10% dans le spectacle vivant, 8% dans la fiction mais en progression très sensible sur ce genre de programme (47M€ en 2012 vs 36,6M€ en 2011 et 21,5 en 2010).

10) La très grande majorité de aides du CNC est allouée à la production des œuvres (225 millions d’euros soit 93,3% du montant total). Le financement de l’innovation qui représente la R&D du secteur n’est que de 6,73M€, soit 2,8% du montant total des aides.

Répartition et détail des aides du CNC sur la chaîne de création des œuvres 

 Source : CNC, Bilan production audiovisuelle aidée en 2012

La part des aides allouées par le CNC à l’innovation peut servir d’indicateur quant au financement de la R&D dans le secteur de l’audiovisuel. En effet, ces aides à l’innovation regroupent

  • le « fonds d’aide à l’innovation audiovisuelle » (FAIA) qui a pour objet d’aider au financement d’œuvres innovantes dans leur format, leur dramaturgie ou leur réalisation ;
  • le « fonds d’aide aux projets nouveaux médias » qui aide les auteurs ou producteurs   à intégrer les spécificités de l’internet ou des écrans mobiles dans leur création ;
  • les « aides à la création de pilotes » pour les projets « difficiles » ou de conception nouvelle.

Ce taux de R&D à 2,8% est dans la moyenne des secteurs puisque les dépenses de R&D dans l’ensemble de l’économie française représentent 2,24% du PIB[1], mais il semble trop faible pour un secteur qui se doit d’être et se dit très  innovant. En effet, dans une étude récente sur les dépenses de R&D par secteur, on constate que sur 28 secteurs économiques, le secteur « édition, audiovisuel et diffusion  se place en 16ème position, loin derrière les premiers secteurs « fabrication de produits informatiques et électroniques », « fabrication de matériel de transports », « Industrie pharmaceutique » qui consacrent plus de 30% de leur valeur ajoutée à la recherche et développement.

Cette faiblesse que le CNC cherche à combler peut s’expliquer d’un côté par un manque de reconnaissance, de la part des grandes sociétés de production et diffuseurs français, de l’importance d’une vraie recherche et développement distincte des services marketing et veille des formats étrangers et d’un autre côté par une définition de l’innovation trop technologique de la part des organismes de crédits et autres financeurs de la recherche excluant ainsi un secteur qui passe aussi par des innovations d’usages, de modèle économique, de formes d’écriture et de création.



[1] Rapport Gallois, Pacte pour la compétitivité de l’industrie française, nov 2012, données R&D 2010