The Kid de Charlie Chaplin (1921)

Début novembre, les locaux d’Internet Archive, organisme dont le site web est notamment connu pour ses trésors cinématographiques en libre accès, ont été victime d’un incendie et une importante somme de matériel a été détruite. Heureusement, contrairement à la bibliothèque Alexandrie à laquelle ils aiment comparer leur projet, ils n’ont pas tout perdu. D’ailleurs, un « site miroir »[1]est conservé à…Alexandrie !

 

La caverne d’Ali Baba des cinéphiles

Belle alternative aux plates-formes pirates pour regarder en toute bonne conscience des chefs d’œuvres du cinéma qu’on aurait manqué à la cinémathèque ou à la télévision, qu’on n’aurait pas acheté en DVD ou en Bluray, le site d’Internet Archive propose près de 5000 films entrés dans le domaine public en libre téléchargement ou streaming. Les utilisateurs de ce site peuvent eux-mêmes charger des films qui sont libres de droit s’ils le souhaitent (le site fournit des règles du droit américain pour aider les visiteurs à déterminer l’état du droit du film). On retrouve ainsi une diversité d’œuvres, aussi bien Charlie Chaplin, Fritz Lang ou Hitchcock que des films moins connus, mais tout aussi intéressants à découvrir !

 

Accessibilité et préservation de la connaissance

Internet Archive, fondé en 1996, est un organisme qui se consacre à l’archivage du web. L’un des objectifs du site est également de constituer une bibliothèque numérique mondiale répertoriant toutes les œuvres étant entrées dans le domaine public. On peut donc également rechercher des vidéos, enregistrements audio, concerts, livres, etc. Une belle et ambitieuse entreprise, dont le répertoire ne peut que s’agrandir !

 

Qu’est que le domaine public ?

On parle de domaine public lorsqu’il n’est plus nécessaire de demander une autorisation d’exploitation quelconque pour des œuvres[2], donc que leur protection par le droit d’auteur ou le copyright est arrivée à terme. Chacun peut alors librement l’utiliser ; en respectant bien sur, dans le cas du droit français, le droit moral qui impose le respect de l’œuvre et de la paternité de l’auteur.

La Convention de Berne de 1886 fixait l’entrée dans le domaine public à 50 ans minimum après la mort de l’auteur. Mais cette durée varie selon les pays. En France, une œuvre peut tomber dans le domaine public 70 ans après le décès des auteurs, au Canada 50 ans. Aux Etats-Unis, suivant le décès de l’auteur, la date publication et de création, cela peut varier entre 70 et 120 ans. A savoir, qu’aux Etats-Unis, les œuvres sont protégées par le droit d’auteur uniquement si la mention « copyright » est apposée sur l’œuvre. 

 

Quelques suggestions

Retrouvez ci-dessous quelques suggestions à déguster sous le froid d’hiver. Vous pouvez également vous laisser porter par vos découvertes à travers la page du site consacrée au long métrage ou vers d’autres contenus. Bonne visite !

 

Voyage dans la lune George Melies 

Metropolis de Fritz Lang 

the Kid de Charly Chaplin 

Love Affair de Leo McCarey 

– Dementia 13 de Francis Ford Coppola 

Les 39 marches d’Alfred Hitchcock 

M le maudit de Fritz Lang

Zéro de conduite de Jean Vigo

 


[1] Copie exacte d’un site web

[2] Le Code de la propriété intellectuelle protège les droits des auteurs sur « toutes les œuvres de l’esprit, quels qu’en soient le genre, la forme d’expression, le mérite ou la destination (article L 112-1 du Code de la propriété intellectuelle). Il dresse une liste d’œuvres bénéficiant de cette protection parmi lesquelles figurent notamment les livres et autres écrits littéraires et artistiques, les œuvres dramatiques ou dramatico-musicales, les œuvres chorégraphiques, les mimes, les numéros et tours de cirque, les œuvres cinématographiques et autres œuvres audiovisuelles, les œuvres photographiques, etc (article L112-2 du CPI).